Aya Gold & Silver s’apprête à renforcer sa présence dans l’exploration minière au Maroc après avoir conclu un accord visant l’acquisition d’un portefeuille de permis d’exploration de cuivre et d’argent couvrant 139 km² à proximité de sa mine d’argent de Zgounder. La transaction, évaluée à 4 millions de dollars canadiens et réglée en actions Aya, comprend un permis minier de 19 km² et couvre la zone de Tizi, située à environ 35 km à l’ouest de Zgounder. L’entreprise estime que cette acquisition renforcera sa position dans le district et lui donnera accès à un système cuivre-argent encore largement sous-exploré. La finalisation de l’opération reste soumise à des vérifications diligentes ainsi qu’à plusieurs autorisations réglementaires au Maroc et au Canada, notamment l’approbation de la Bourse de Toronto.
Pourquoi Aya Gold & Silver étend-elle ses actifs fonciers au Maroc ?
L’acquisition s’inscrit dans la stratégie plus large d’Aya Gold & Silver visant à constituer une importante position d’exploration autour de ses opérations marocaines existantes. Le groupe s’est progressivement concentré sur la consolidation de terrains prometteurs à proximité de Zgounder, tout en renforçant son exposition au cuivre, à l’argent et à d’autres métaux.
Le nouveau portefeuille couvre 139 km² et comprend un permis minier de 19 km². Sa localisation, à environ 35 km à l’ouest de Zgounder, présente un intérêt stratégique puisque Aya dispose déjà d’une présence opérationnelle et d’une expertise technique dans la région. L’entreprise indique que la propriété partage un contexte géologique similaire à celui de Zgounder, notamment des roches volcano-sédimentaires néoprotérozoïques situées à proximité du granite d’Askouen.
Cette acquisition intervient également après une autre importante expansion annoncée par Aya en août. Cette opération avait ajouté environ 259 km² répartis sur trois projets d’exploration marocains, portant le portefeuille foncier de la société d’environ 732 km² à plus de 991 km² à cette période.
Quel potentiel cuivre-argent a été identifié dans la zone de Tizi ?
Le portefeuille de Tizi présente plusieurs indices historiques de minéralisation en cuivre et en argent, même si l’entreprise souligne que ces résultats doivent encore être vérifiés.
Des travaux historiques de tranchées ont fait apparaître une intersection de 15 mètres titrant 0,65 % de cuivre et 33 grammes par tonne d’argent. Des échantillons historiques prélevés en surface ont également affiché jusqu’à 837 grammes par tonne d’argent et 4,6 % de cuivre. Les propres travaux d’échantillonnage réalisés par Aya sur le terrain ont produit des résultats comparables, notamment un échantillon contenant 500 grammes par tonne d’argent et un autre affichant 4,0 % de cuivre.
La visite de terrain effectuée par Aya a également confirmé l’existence d’un horizon principal de cuivre-argent s’étendant sur plus de 2 km. L’entreprise a identifié plusieurs styles de minéralisation, notamment du cuivre sédimentaire ou stratiforme ainsi que des minéralisations de cuivre-argent contrôlées par des structures, sous forme de veines et de zones de cisaillement.
Des travaux historiques et des indices de cuivre ont également été observés au-delà de l’horizon minéralisé principal, ce qui pourrait indiquer la présence d’un système plus vaste à l’échelle du district.
Cependant, les teneurs historiques ne doivent pas être considérées comme une ressource minérale établie. Aya précise que les résultats précédents ont été communiqués par un opérateur antérieur et n’ont pas encore été suffisamment vérifiés par une personne qualifiée pour être classés comme des données actuelles. La société souligne également que les échantillons de surface sont sélectifs et ne représentent pas nécessairement la teneur ou la largeur globale de la minéralisation.
Qu’a déclaré Aya Gold & Silver à propos de l’acquisition ?
Benoit La Salle, président et directeur général d’Aya, a déclaré que la transaction s’inscrivait dans la stratégie de l’entreprise visant à consolider les opportunités d’exploration prometteuses autour de Zgounder.
Il a décrit le portefeuille de 139 km² comme présentant des indices cuivre-argent intéressants à proximité des opérations existantes, ajoutant qu’Aya voyait une opportunité de mettre à profit son expertise en exploration afin de développer une nouvelle plateforme cuivre-argent au sein de son portefeuille marocain.
Ces déclarations reflètent l’évaluation stratégique de l’entreprise et ne constituent pas une confirmation indépendante du potentiel économique du projet. Aucune étude de faisabilité indépendante ni estimation de ressources minérales n’a été annoncée pour le nouveau portefeuille.
Cette distinction est importante, car la propriété se trouve encore au stade de l’exploration. La valeur future de l’acquisition dépendra notamment de la capacité des travaux systématiques à confirmer la continuité, l’ampleur, la teneur et les caractéristiques économiques de la minéralisation.
Combien Aya paiera-t-elle pour le portefeuille d’exploration marocain ?
Aya a accepté de verser 4 millions de dollars canadiens pour le portefeuille, la transaction devant être réglée par l’émission d’actions ordinaires plutôt qu’en numéraire. L’entreprise acquerra la totalité des actions émises et en circulation de la société vendeuse par l’intermédiaire d’une filiale détenue à 100 %.
La transaction n’est toutefois pas encore finalisée. Sa réalisation reste conditionnée à plusieurs exigences habituelles, notamment la conclusion satisfaisante des vérifications diligentes, l’obtention des autorisations réglementaires applicables au Maroc et au Canada ainsi que l’approbation de la Bourse de Toronto.
Les actions émises dans le cadre de la transaction seront également soumises aux restrictions de vente prévues par la législation applicable.
Pour Aya, le recours aux actions plutôt qu’à des liquidités permet de limiter les besoins immédiats en trésorerie liés à l’acquisition. En revanche, l’émission de nouvelles actions peut entraîner une dilution pour les actionnaires existants, selon le nombre d’actions émises et leur valorisation au moment de l’opération.
Quels travaux d’exploration seront menés au cours des 12 à 18 prochains mois ?
Aya prévoit de lancer un programme d’exploration progressif une fois la transaction finalisée et les conditions nécessaires satisfaites.
Au cours des 12 à 18 mois suivants, l’entreprise prévoit de réaliser des analyses géochimiques des sédiments de ruisseaux, des études hyperspectrales à haute résolution, des levés géophysiques aéroportés, de la cartographie géologique et des travaux de prospection. Les résultats doivent permettre d’identifier et de hiérarchiser les cibles nécessitant des travaux d’exploration supplémentaires.
La propriété dispose déjà d’environ 20 km de routes associées à d’anciens travaux d’exploitation du manganèse. Ces infrastructures pourraient faciliter les programmes de terrain en offrant des voies d’accès à certaines parties de la zone d’exploration. Toutefois, les besoins en infrastructures d’un éventuel projet minier avancé devront être évalués séparément.
Le programme initial vise donc avant tout à améliorer la compréhension géologique du secteur plutôt qu’à engager immédiatement le projet vers une phase de développement minier.
Que signifie cette acquisition pour la stratégie marocaine plus large d’Aya ?
La transaction renforce la concentration d’Aya au Maroc et ajoute une exposition au cuivre et à l’argent à ses activités argentifères existantes. La société exploite la mine de Zgounder et développe également le projet polymétallique de Boumadine, où des travaux liés à une étude de faisabilité sont en cours.
Cette diversification pourrait devenir stratégiquement importante si l’exploration permet d’identifier un gisement de cuivre-argent économiquement exploitable. Le cuivre bénéficie d’une large demande industrielle, tandis que l’argent reste au cœur des activités actuelles d’Aya. Une découverte significative pourrait ainsi offrir à l’entreprise une nouvelle possibilité de développement dans un pays où elle dispose déjà d’une expérience opérationnelle et d’exploration.
Le succès de l’exploration reste toutefois loin d’être garanti. Les activités d’exploration minière sont exposées à des risques géologiques, réglementaires, liés aux infrastructures, au financement et à l’évolution des prix des matières premières. Aya souligne elle-même que les résultats d’exploration, les calendriers de développement des projets et leur viabilité économique future demeurent incertains.
Que va-t-il se passer maintenant pour le portefeuille cuivre-argent de 139 km² ?
Les prochaines étapes immédiates concernent la finalisation des vérifications diligentes, l’obtention des autorisations réglementaires et l’approbation de la Bourse de Toronto. Si ces conditions sont remplies, Aya prévoit de finaliser l’acquisition et de lancer son programme d’exploration.
Les principaux indicateurs à surveiller seront ensuite les résultats des études géochimiques, de la géophysique aéroportée, de la cartographie et de la prospection. Ces travaux devraient permettre de déterminer si les indices historiques de cuivre et d’argent font partie d’un système minéralisé plus vaste et potentiellement continu.
Pour les investisseurs et le secteur minier dans son ensemble, l’acquisition est importante car elle illustre la volonté d’Aya de développer une présence d’exploration à l’échelle d’un district au Maroc. Le portefeuille de 139 km² ajoute un nouvel actif prometteur à proximité de Zgounder, mais sa valeur définitive dépendra des résultats de l’exploration et non des seuls résultats historiques obtenus en surface.
Les 12 à 18 prochains mois devraient donc fournir les indications les plus précises sur la capacité d’Aya à transformer les indices cuivre-argent de Tizi en cibles d’exploration définies et, à plus long terme, éventuellement en ressource minérale économiquement exploitable. Jusqu’à la réalisation de ces travaux, l’acquisition doit être considérée comme une opportunité d’exploration plutôt que comme la preuve de l’existence d’une nouvelle mine commerciale.
