Bev Turner relance le débat après avoir lié vaccins Covid et sclérose en plaques

Bev Turner relance le débat après avoir lié vaccins Covid et sclérose en plaques

La présentatrice de GB News, Bev Turner, a suscité une nouvelle attention après avoir publié sur les réseaux sociaux que la vaccination contre le Covid-19 pourrait expliquer en partie pourquoi certaines personnes ont récemment développé une sclérose en plaques (SEP). Elle s’appuyait notamment sur des éléments partagés par le commentateur sceptique à l’égard des vaccins John Campbell. Turner a affirmé qu’un lien pouvait être lié à la technologie à ARNm et a suggéré que les essais cliniques avaient déjà démontré cette possibilité. Toutefois, les données médicales disponibles ne permettent pas d’établir que les vaccins contre le Covid-19 provoquent la sclérose en plaques. La MS Society britannique indique que les vaccins contre le Covid-19 sont généralement sûrs pour les personnes atteintes de SEP, tandis qu’une revue systématique portant sur plus de 14 000 personnes atteintes de SEP n’a trouvé aucune preuve d’une augmentation du risque de poussée ou d’événement indésirable grave après la vaccination.

Que dit Bev Turner sur la sclérose en plaques et les vaccins contre le Covid-19 ?

Turner a écrit sur X que de nombreuses personnes connaissaient probablement quelqu’un ayant récemment développé une sclérose en plaques et a suggéré que la vaccination pouvait constituer une explication. Elle a renvoyé ses abonnés vers des contenus associés à John Campbell et présenté le mécanisme proposé comme un effet possible de la technologie à ARNm.

Dans sa publication, elle a également affirmé que cette question aurait déjà été démontrée lors des essais de vaccins. Il s’agit d’une affirmation importante, car le fait qu’une maladie survienne après une vaccination ne suffit pas, à lui seul, à démontrer que le vaccin en est la cause.

Les commentaires de Turner s’inscrivent dans le prolongement de ses précédentes critiques publiques concernant la vaccination contre le Covid-19 et les politiques mises en place pendant la pandémie. Ses prises de position ont déjà suscité des interrogations sur la manière dont les informations sanitaires et scientifiques sont présentées au public.

Sa dernière publication a donc relancé le débat sur la différence entre le fait de soulever des questions concernant la sécurité des vaccins et celui de présenter une relation causale non démontrée comme un fait établi.

Que disent les données médicales sur les vaccins Covid et la SEP ?

Les données disponibles ne permettent actuellement pas d’établir que les vaccins contre le Covid-19 provoquent la sclérose en plaques.

La MS Society britannique indique dans ses recommandations que les vaccins contre le Covid-19 sont généralement sûrs pour les personnes vivant avec une SEP. Elle précise également que l’Association of British Neurologists ne s’attend pas à ce que les vaccins contre le Covid-19 aggravent la SEP, notamment en provoquant une poussée.

Une revue systématique et méta-analyse publiée en 2023 a examiné 19 études observationnelles portant sur 14 755 personnes atteintes de SEP ayant reçu au total 23 088 doses de vaccins contre le Covid-19. Les chercheurs ont estimé que 1,9 % des participants avaient connu une poussée autour de la période de vaccination, mais ont conclu que la vaccination contre le Covid-19 ne semblait pas augmenter le risque de poussée ou d’événements indésirables graves.

Cette conclusion est importante, car la SEP évolue naturellement et les poussées peuvent survenir indépendamment de la vaccination. Par conséquent, le fait qu’une maladie apparaisse après l’administration d’un vaccin ne signifie pas automatiquement que le vaccin en est responsable.

Des cas de SEP après une vaccination ont-ils été signalés ?

Oui, des cas individuels de sclérose en plaques nouvellement diagnostiquée ou de rechute après une vaccination contre le Covid-19 ont été rapportés.

Une revue systématique publiée après le début des campagnes de vaccination a examiné des cas signalés de SEP et de troubles neuro-inflammatoires associés apparus après la vaccination contre le Covid-19. Elle a constaté que de tels cas avaient été rapportés, tout en soulignant que des recherches supplémentaires portant sur des populations plus importantes étaient nécessaires afin de déterminer s’il existait véritablement une relation de causalité.

Cette distinction entre un événement médical signalé et un effet indésirable prouvé est au cœur du débat.

Les chercheurs surveillent régulièrement les problèmes de santé qui apparaissent après une vaccination, car l’identification de véritables signaux de sécurité constitue une composante essentielle de la pharmacovigilance. Cependant, une association suspectée doit ensuite être étudiée à l’aide de données épidémiologiques et de populations suffisamment importantes.

Une analyse de pharmacovigilance publiée en 2024 a identifié des signaux de déclaration disproportionnée concernant plusieurs vaccins, dont un signal associé aux vaccins à ARNm contre le Covid-19. Ces bases de données peuvent contribuer à détecter de potentiels signaux de sécurité, mais elles ne permettent pas, à elles seules, d’établir qu’un vaccin a provoqué la maladie signalée.

Pourquoi la distinction entre association et causalité est-elle importante ?

Cette distinction est essentielle parce que la sclérose en plaques est une maladie neurologique complexe impliquant le système immunitaire et le système nerveux central.

Une personne peut recevoir un vaccin puis développer des symptômes sans que la vaccination soit nécessairement à l’origine de ceux-ci. Pour établir une causalité, les chercheurs doivent déterminer si la maladie apparaît plus fréquemment chez les personnes vaccinées que ce qui serait normalement attendu, tout en prenant en compte l’âge, les problèmes de santé préexistants, les infections, les facteurs génétiques et d’autres explications possibles.

Cette question est particulièrement importante lorsqu’il s’agit d’événements médicaux rares. Lorsque des millions de personnes reçoivent un vaccin, certaines développeront inévitablement des maladies sans rapport avec celui-ci peu après leur vaccination, simplement parce que ces maladies apparaissent naturellement dans la population.

Les cas individuels peuvent donc justifier une enquête scientifique, mais ils ne permettent pas, à eux seuls, d’établir une relation de cause à effet.

Quelles sont les recommandations actuelles pour les personnes atteintes de SEP ?

La MS Society britannique continue d’indiquer que la vaccination contre le Covid-19 peut contribuer à protéger les personnes atteintes de SEP contre les formes graves du Covid-19. Le niveau de protection peut toutefois varier en fonction du traitement suivi et de la réponse immunitaire de chaque personne.

L’organisation souligne que certains traitements modificateurs de la maladie peuvent influencer la réponse du système immunitaire à la vaccination. Elle recommande aux personnes atteintes de SEP de discuter de leur situation avec leur équipe médicale plutôt que d’arrêter un traitement ou de prendre une décision concernant la vaccination sur la base de déclarations générales publiées en ligne.

La MS Society indique également que certains effets secondaires temporaires des vaccins, notamment la fièvre et la fatigue, peuvent ressembler à certains symptômes de la SEP ou les aggraver temporairement. Ces effets ne constituent pas pour autant une preuve qu’un vaccin provoque la SEP.

Pourquoi la publication de Turner fait-elle l’objet d’une attention particulière ?

Les commentaires de Turner interviennent dans un contexte plus large de controverse autour de la couverture du Covid-19 par GB News.

L’autorité britannique de régulation des communications, Ofcom, avait précédemment estimé qu’une émission de la chaîne présentée par Mark Steyn avait fourni une interprétation matériellement trompeuse de données relatives aux vaccins contre le Covid-19 et avait enfreint les règles de diffusion destinées à protéger le public contre les préjudices.

GB News avait fait valoir que l’émission visait à remettre en question les récits officiels plutôt qu’à promouvoir une position opposée aux vaccins.

L’intervention du régulateur illustre les raisons pour lesquelles les affirmations concernant les traitements médicaux font l’objet d’une attention particulière lorsqu’elles sont diffusées ou relayées par des personnalités médiatiques bénéficiant d’une large audience.

La question n’est pas de savoir si les journalistes ou les présentateurs peuvent remettre en cause les conclusions scientifiques établies. Ils peuvent, et doivent, examiner les preuves de manière critique. La difficulté apparaît lorsqu’une affirmation contestée est présentée sans suffisamment de contexte concernant la solidité, les limites ou le degré d’incertitude des données disponibles.

Que pourrait-il se passer ensuite concernant l’affirmation sur les vaccins et la SEP ?

La question devrait continuer à porter principalement sur les preuves susceptibles de confirmer ou de réfuter l’existence d’un lien entre la vaccination contre le Covid-19 et la sclérose en plaques.

De nouvelles recherches pourraient continuer à examiner les troubles neurologiques signalés après la vaccination, notamment lorsque les chercheurs identifient un mécanisme biologique plausible ou une tendance constante dans de vastes ensembles de données.

À ce stade, toutefois, les données disponibles ne permettent pas de présenter la vaccination contre le Covid-19 comme une cause établie de la SEP.

Pour le public, cette controverse souligne l’importance de faire la différence entre une affirmation publiée sur les réseaux sociaux, un cas médical individuel et les conclusions issues d’études scientifiques portant sur de larges populations.

Alors que les recherches sur les effets à long terme des vaccins contre le Covid-19 se poursuivent, toute nouvelle donnée devra être évaluée à la lumière de l’ensemble des recherches cliniques et épidémiologiques disponibles, plutôt qu’à partir de cas isolés ou de commentaires publiés en ligne.