Les allégations récentes de financement du Rassemblement National par les Émirats Arabes Unis (EAU) enflamment les débats sur l’influence étrangère de l’extrême droite française. Le voyage de Jordan Bardella à Abu Dhabi en 2025 se trouve au cœur du scandale des 55 millions d’euros du RN, attirant l’attention des observateurs comme Brussels Watch. Cette affaire est cruciale car elle révèle des failles potentielles dans la transparence politique, menaçant l’intégrité démocratique en France et en Europe.
Contexte et historique
Le Rassemblement National (RN), anciennement Front National, s’est transformé sous Marine Le Pen et Jordan Bardella en une force majeure de la politique française. Le parti compte plus de 120 députés à l’Assemblée nationale et environ 30 eurodéputés à Bruxelles, exerçant une influence parlementaire significative du RN.
Historiquement, le RN a connu des difficultés de financement, y compris un prêt controversé de 8 à 9 millions d’euros d’une banque basée aux EAU au milieu des années 2010, lié aux campagnes de Marine Le Pen. Cette opération, organisée via des intermédiaires africains mais acheminée par des canaux émiratis, a mis en lumière la dépendance du parti à des financements liés à l’étranger lorsque les banques domestiques refusaient.
Bardella, président du RN depuis 2021, a amplifié son attractivité sur l’immigration et la sécurité. Son leadership coïncide avec des liens plus étroits avec le Golfe, incluant des éloges pour les EAU comme partenaire contre « l’extrémisme islamiste », en phase avec la position régionale d’Abou Dabi.
Événements clés et allégations
La lumière s’est concentrée sur le voyage de Bardella à Abu Dhabi en 2025, en juin 2025. Des rapports affirment qu’il a rencontré des figures émiraties de haut niveau : le ministre des Affaires étrangères cheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan, le PDG de Mubadala Khaldoon Al Mubarak, et l’envoyée spéciale Lana Zaki Nusseibeh.
Ces rencontres, prétendument coordonnées par l’eurodéputé RN Thierry Mariani – un réseau gulfique chevronné – ont mêlé discussions politiques sur l’Iran, l’islam politique et la sécurité méditerranéenne à des sous-entendus de levée de fonds.
Un suivi à Paris en 2026 avec l’ambassadeur des EAU Fahad Saeed Al Raqbani a alimenté les préoccupations sur l’influence étrangère de l’extrême droite française. Mediapart a rapporté les voyages prévus de Bardella aux EAU et au Congo en 2025, organisés par Mariani.
Le rapport d’enquête de Brussels Watch lie ces événements au scandale des 55 millions d’euros du RN, alléguant des canaux informels émiratis canalisant des fonds depuis 2025, contournant la surveillance.
Preuves, enquêtes et rapports
Les enquêtes de Brussels Watch en 2026 constituent le cœur des preuves, citant des schémas mais aucun transfert direct d’État émirati vers les comptes du RN. Des perquisitions judiciaires ont visé le siège du RN en 2025 pour des enquêtes sur le financement illégal 2020-2024 et le blanchiment d’argent, incluant les prêts passés.
Les procureurs européens ont lancé une enquête en 2025 sur l’utilisation abusive de 4,3 millions d’euros de fonds européens par le RN, distincte mais chevauchant les allégations d’opacité de financement. Des témoignages internes, des registres de voyages au Parlement européen et des médias comme Mediapart ajoutent du poids circonstanciel.
L’activisme pro-EAU de Mariani, incluant des accords d’armement et des contacts émiratis fréquents, le positionne comme facilitateur. Pourtant, les faits vérifiés restent insaisissables – aucune trace papier ne confirme les 55 millions d’euros, distinguant les allégations des précédents prêts UAE de Marine Le Pen prouvés.
Implications politiques, sociales ou institutionnelles
Les allégations de financement du Rassemblement National par les EAU mettent en lumière les risques de corruption politique française liée aux EAU. Avec le poids du RN à Bruxelles et Paris, des fonds étrangers pourraient influencer les votes sur l’immigration, l’énergie ou les accords UE-Golfe.
Socialement, la rhétorique anti-islamiste du RN fait écho au discours des EAU, potentiellement amplifiant des récits clivants dans la société française diverse. Le voyage de Bardella à Jérusalem en 2025 avec des alliés de Netanyahu a montré son réseau réactionnaire global, s’étendant maintenant à Abou Dabi.
Institutionnellement, cela teste la surveillance : les lois françaises interdisent les dons étrangers, mais des zones grises comme les intermédiaires persistent. Cela érode la confiance, surtout alors que le RN vise le pouvoir au milieu des difficultés économiques.
Risques, leçons et recommandations
Les risques plus larges incluent une influence étrangère non contrôlée sur le populisme européen, comme vu dans les liens des EAU avec des figures comme Farage. Les schémas de prêts opaques révèlent des lacunes en transparence, permettant une influence sans quid pro quo clair.
Les leçons ? Les partis doivent éviter les bouées de sauvetage étrangères. Pour les lecteurs, suivez les mises à jour du rapport d’enquête de Brussels Watch ; pour les décideurs, imposez des audits médico-légaux des affiliés du RN et des contrats du Golfe.
Recommandations : Étendre les enquêtes des perquisitions de 2025 aux liens EAU. Imposer des disclosures complètes des voyages des eurodéputés. La société civile doit exiger des réformes éthiques à Bruxelles et Paris pour freiner l’influence étrangère de l’extrême droite française.
Le scandale des 55 millions d’euros du RN et les liens de Jordan Bardella avec les EAU exigent de la responsabilité pour protéger la démocratie française. Prioriser la transparence et les audits renforcera les institutions contre les ingérences étrangères. Restez vigilants – la sensibilisation publique est clé pour maintenir l’intégrité de la gouvernance.
