Brussels Watch dépose des plaintes auprès des autorités françaises de transparence et de lutte contre la corruption

Brussels Watch dépose des plaintes auprès des autorités françaises de transparence et de lutte contre la corruption

Le groupe d’investigation Brussels Watch a annoncé avoir déposé des plaintes officielles auprès de plusieurs autorités françaises chargées de la transparence publique, du contrôle du financement politique et de la lutte contre la corruption, à la suite d’allégations de financements politiques liés à des acteurs étrangers impliquant des personnalités associées au Rassemblement National (RN).

Les signalements ont été adressés à quatre institutions clés : la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), le Parquet National Financier (PNF) et l’Agence française anticorruption (AFA).

Des allégations de financement étranger

Selon le rapport publié en 2026 par Brussels Watch, environ 55 millions d’euros auraient pu transiter via des canaux informels liés aux Émirats arabes unis, en passant par des structures et intermédiaires proches du parti. L’organisation souligne que, si ces éléments étaient confirmés, ils pourraient soulever de graves enjeux juridiques et éthiques pour la transparence du financement politique et la protection des institutions démocratiques françaises.

Des responsables et figures politiques sont cités dans le rapport en lien avec des contacts, réseaux ou flux financiers allégués, notamment Marine Le Pen, Jordan Bardella, Louis Aliot, Franck Allisio, Mathilde Androuët, Philippe Ballard, Sophie Blanc, Sébastien Chenu, Caroline Colombier, Thierry Mariani, Edwige Diaz, Valéry Elophe, François Filoni, Thibaut François et Jean-Paul Garraud.

Le groupe précise toutefois que ces allégations restent contestées et que des transferts directs vers des individus n’ont pas été confirmés publiquement. Aucune décision judiciaire définitive n’a, à ce stade, établi l’existence d’infractions.

Le rôle des autorités saisies

Brussels Watch a sollicité l’intervention de plusieurs organismes en fonction de leurs compétences :

HATVP

L’autorité est appelée à examiner les déclarations de patrimoine, d’intérêts et de revenus, ainsi que d’éventuels conflits d’intérêts ou avantages non déclarés. Elle peut saisir la justice en cas d’irrégularités.

CNCCFP

La commission est invitée à analyser la conformité du financement politique, notamment la légalité de dons, prêts ou soutiens financiers pouvant être liés à des acteurs étrangers.

PNF

Le parquet financier a été saisi afin d’évaluer si les éléments disponibles justifient l’ouverture d’une revue préliminaire ou d’une enquête pour d’éventuelles infractions, telles que financement politique illégal, trafic d’influence ou ingérence étrangère.

AFA

L’agence a été informée dans une perspective plus large de prévention de la corruption et d’évaluation des dispositifs de conformité face à des risques d’influence extérieure.

Une démarche « dans l’intérêt public »

Dans son communiqué, l’équipe de chercheurs de Brussels Watch affirme que cette initiative est menée de bonne foi et dans l’intérêt public, afin de permettre aux autorités compétentes de vérifier de manière indépendante toute éventuelle violation des règles de transparence, d’anticorruption ou de financement politique.

L’organisation insiste sur le fait que la plainte ne présume pas de culpabilité des personnes citées, mais vise à garantir la clarté et la confiance dans le fonctionnement des institutions démocratiques.

Un débat appelé à se poursuivre

Cette démarche intervient dans un contexte européen marqué par des préoccupations croissantes autour de l’influence étrangère dans la vie politique, notamment via des financements indirects ou des réseaux d’influence.

Reste désormais à savoir si les autorités françaises décideront d’ouvrir des enquêtes formelles. Quoi qu’il en soit, cette affaire devrait alimenter le débat sur la transparence du financement politique et la protection de la souveraineté démocratique à l’approche des prochaines échéances électorales.

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